POUR ALAIN, L’ENNEMI, C’EST LE POIDS !

Non, Alain Tailleux n’est pas gros. Au contraire, il est racé, comme les motos qu’il conçoit. Né à l’étage de l’atelier moto de son père, Alain l’a traversé tous les jours, plusieurs fois, imprégné d’odeurs mécaniques, réveillé par les vrombissements.

484-BMW-FB-Posts-960x640-Alain-V1a

C’était à la fin des années 60, on réparait souvent, on prolongeait au maximum la vie des motos. Alain n’a rien oublié. S’il restaure aujourd’hui des monocylindres BMW, s’il prépare des flat twins, c’est parce qu’il veut les voir rouler, longtemps. Sa première grosse cylindrée fut une BMW R 60/5, achetée en 1978 avec un choc avant. À son guidon, il a écumé les routes du sud de la France.

 

Les sirènes de la piste l’ont ensuite attiré. Il a découvert les side-cars basset à moteur BMW et les exigences de course : performance, fiabilité, légèreté.

AtelierSon parcours l’a ensuite mené chez Produc’Side, fabricant de side-cars, où il a recueilli les secrets de la soudure, du cintrage, où il s’est forgé à la discipline du gabarit. Il est revenu ensuite à la moto, pour dessiner son premier cadre à poutre centrale à partir d’un Martin, résolu à y insérer un moteur léger. « Mais ma première BMW avec un cadre de ma fabrication, c’était en 1996, une série 650 à course courte. Cette moto roule toujours, elle est engagée chaque année au Bol d’Or Classic. J’avais fait préparer le moteur chez le père Lambert, très connu des pilotes de side-cars. J’ai d’ailleurs plus tard racheté son atelier. »

 

Alain conçoit aujourd’hui ses cadres et la géométrie des motos qu’on lui confie pour accroître leur agilité sans rien perdre de leur stabilité.

 

La BMW R 100 Café Racer avec laquelle il a remporté le run du Cafe Racer Festival en 2013 pesait une vingtaine de kilos de moins que l’origine.

Run
Il a conservé les cotes du cadre d’origine (il réserve les cadres poutre pour les motos de course), a conçu un réservoir en fibre et remonté soigneusement le moteur, préparé avec habileté. Alain se fournit en pièces d’origine BMW dans le réseau qui l’entoure, au cœur de son Vaucluse.  « Il m’arrive de restaurer des motos des années 30, les pièces sont plus rares mais on trouve encore l’essentiel. Pour les séries 5 ou 7, je n’ai jamais connu de problème d’approvisionnement. » Chez JMS Moto, à Avignon, ces pièces peuvent en effet être commandées.

 

La victoire d’Alain au run du Cafe Racer Festival a tapé dans l’œil du comptable du magazine organisateur, il l’a achetée quelques semaines après l’événement. Alain reconnaît vivre surtout de prépas à la mode et de restauration de motos anciennes. Mais chaque année, il livre quelques cadres et poursuit sa quête : éliminer les kilos superflus.

Victoire

Alain Tailleux : www.atcmoto.com

 

Découvrir d’autres articles similaires

X